{"id":3309,"date":"2013-06-17T18:14:32","date_gmt":"2013-06-17T15:14:32","guid":{"rendered":"http:\/\/azzaman.info\/wordpress\/2013\/06\/17\/syrie-le-grand-malaise-maghrebin\/"},"modified":"2013-06-17T18:14:32","modified_gmt":"2013-06-17T15:14:32","slug":"syrie-le-grand-malaise-maghrebin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.azzaman.info\/?p=3309","title":{"rendered":"Syrie : le grand malaise maghr\u00e9bin"},"content":{"rendered":"<p> \t<img decoding=\"async\" alt=\"R\u00e9fugi\u00e9s syriens au square Port-Sa\u00efd dans le centre d'Alger.\" src=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/photos\/062013\/011062013130122000000r%C3%A9fugi%C3%A9s.jpg\" \/>Face \u00e0 l&#8217;horreur et \u00e0 l&#8217;extr\u00eame complexit\u00e9 d&#8217;une interminable guerre civile, l&#8217;opinion, de Tunis \u00e0 Nouakchott, semble totalement d\u00e9boussol\u00e9e. Enqu\u00eate sur un cruel dilemme.<\/p>\n<p> \tDe l&#8217;Orient \u00e0 l&#8217;Occident, le cauchemar syrien, monstrueux avatar d&#8217;un r\u00eave de libert\u00e9, d\u00e9chire les consciences et d\u00e9cha\u00eene les passions.<\/p>\n<p>  <!--more-->  <\/p>\n<p> \tLa fragile unanimit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s arabes, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par la magie des r\u00e9volutions de 2011, est en train de voler en \u00e9clats sur la derni\u00e8re d&#8217;entre elles. En Afrique du Nord, la question confronte les anciens r\u00e9gimes toujours en place (Soudan, Alg\u00e9rie et Mauritanie) aux gouvernements issus des r\u00e9volutions (\u00c9gypte, Tunisie, Libye), dresse les d\u00e9fenseurs de la la\u00efcit\u00e9 contre les partisans de l&#8217;islam politique, divise les gauches et radicalise les engagements, les uns d\u00e9non\u00e7ant un fantasmatique complot imp\u00e9rialiste pendant que d&#8217;autres prennent les armes pour aller d\u00e9fendre la foi en danger&#8230;<\/p>\n<p> \tLa Ligue arabe, hier club atone pour autocrates vermoulus, s&#8217;est soudain mu\u00e9e en terrain de lutte entre anciens et modernes. \u00ab\u00a0Arr\u00eatez de d\u00e9fendre la Syrie, parce que votre tour viendra\u00a0\u00bb, lan\u00e7ait, mena\u00e7ant, le Premier ministre qatari, Hamad Ibn Jassem, au repr\u00e9sentant de l&#8217;Alg\u00e9rie, qui refuse de reconna\u00eetre l&#8217;opposition syrienne comme repr\u00e9sentante l\u00e9gitime du peuple. Mais comment l&#8217;immuable \u00c9tat-FLN pourrait-il soutenir une r\u00e9volution sans se condamner lui-m\u00eame ? Pour Alger, le Damas des Assad reste le phare de la r\u00e9sistance arabe au sionisme et \u00e0 l&#8217;imp\u00e9rialisme occidental, et le dernier bastion s\u00e9culier du Moyen-Orient contre la contagion islamiste.<\/p>\n<p> \t\u00ab\u00a0Complot !\u00a0\u00bb a r\u00e9pliqu\u00e9 l&#8217;Alg\u00e9rien au parrain qatari du Printemps arabe. Car beaucoup, au Maghreb, ne voient plus dans la crise syrienne une r\u00e9volution nationale, mais une guerre sale pour les autres, o\u00f9 Turcs, Iraniens, Saoudiens, Am\u00e9ricains, Russes se disputeraient \u00e0 l&#8217;arme lourde le contr\u00f4le du Moyen-Orient. Victime d&#8217;un \u00ab\u00a0axe wahhabo-takfiro-occidentalo-sioniste\u00a0\u00bb pour les gauches panarabes anti-imp\u00e9rialistes, Assad est pour leurs adversaires islamistes le chien de garde de l&#8217;alliance chiite qui s&#8217;\u00e9tend de T\u00e9h\u00e9ran aux fiefs libanais du Hezbollah. Du\u00a0Caire \u00e0 Nouakchott, les adversaires les plus farouches de l&#8217;islam politique ont fini par faire leur le combat d&#8217;Assad contre une insurrection aux teintes jihadistes de plus en plus prononc\u00e9es.<\/p>\n<p>  \tTUNISIE <\/p>\n<p> \tUn probl\u00e8me national<\/p>\n<p> \t\u00ab\u00a0Comment la gauche tunisienne, qui assure \u00eatre r\u00e9volutionnaire, peut-elle soutenir un dictateur ? Pourquoi des jeunes s&#8217;engagent-ils aux c\u00f4t\u00e9s de Jabhat al-Nosra ?\u00a0\u00bb maugr\u00e9e Wael Noumair, Damasc\u00e8ne r\u00e9fugi\u00e9, comme une centaine de ses compatriotes, \u00e0 Tunis. La position tunisienne laisse perplexes les Tunisiens eux-m\u00eames. Certains groupuscules nationalistes arabes soutiennent le r\u00e9gime syrien, comme l&#8217;a montr\u00e9 l&#8217;importante manifestation pro-Bachar qui s&#8217;est d\u00e9roul\u00e9e en marge du Forum social mondial, en mars. L&#8217;extr\u00eame gauche, incarn\u00e9e par le Front populaire, souhaite \u00ab\u00a0le d\u00e9part de Bachar\u00a0\u00bb mais appelle de ses voeux \u00ab\u00a0l&#8217;\u00e9tablissement d&#8217;un r\u00e9gime national capable de faire face \u00e0 Isra\u00ebl et de lib\u00e9rer le plateau du Golan\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p> \tUne grande partie de la classe politique a en tout cas fustig\u00e9 la r\u00e9action pr\u00e9cipit\u00e9e et tranch\u00e9e de l&#8217;actuel ex\u00e9cutif, qui, \u00e0 peine entr\u00e9 en fonction, s&#8217;\u00e9tait empress\u00e9, devan\u00e7ant tous les pays arabes, de rompre les relations avec Damas d\u00e8s f\u00e9vrier\u00a02012, allant jusqu&#8217;\u00e0 proposer l&#8217;asile \u00e0 Bachar pour qu&#8217;il quitte le pouvoir. Initiatrice, avec le Qatar, de la premi\u00e8re rencontre des Amis de la Syrie, la Tunisie a soutenu la cr\u00e9ation d&#8217;une force arm\u00e9e au sein de la Ligue arabe, vot\u00e9 la suspension de la Syrie de cette instance ainsi que de l&#8217;Organisation de la coop\u00e9ration islamique (OCI). \u00ab\u00a0C&#8217;est une d\u00e9rive compl\u00e8te par rapport aux traditions de la diplomatie tunisienne, connue pour sa mod\u00e9ration, son ind\u00e9pendance et son respect des principes et valeurs qui fondent les relations internationales\u00a0\u00bb, estime Ahmed Mana\u00ef, membre de l&#8217;Instance des observateurs arabes pour la Syrie.<\/p>\n<p> \tEn outre, le bourbier syrien est devenu un probl\u00e8me national avec la pr\u00e9sence aux c\u00f4t\u00e9s des rebelles de quelque 3 000\u00a0jeunes Tunisiens enr\u00f4l\u00e9s par des r\u00e9seaux islamistes pour mener le jihad contre Assad \u00ab\u00a0l&#8217;impie\u00a0\u00bb. Selon Ahmed Mana\u00ef, l&#8217;envoi de ces derniers aurait \u00e9t\u00e9 avalis\u00e9, en d\u00e9cembre\u00a02011, \u00e0 Tripoli, par Rached Ghannouchi, pr\u00e9sident d&#8217;Ennahdha, Youssef al-Qaradawi, pr\u00e9sident de l&#8217;Union internationale des savants musulmans, Borhane Ghalioune, num\u00e9ro deux des Fr\u00e8res musulmans syriens, Hamad Ibn Jassem, le Premier ministre qatari, et Abdelhakim Belhaj, ancien d&#8217;Afghanistan et fondateur du Parti national libyen (PNL). Mais la col\u00e8re des familles a contraint l&#8217;ex\u00e9cutif \u00e0 d\u00e9manteler les fili\u00e8res de recrutement. Le pr\u00e9sident Moncef Marzouki s&#8217;est m\u00eame alarm\u00e9, redoutant que \u00ab\u00a0ces Tunisiens ne constituent une menace pour leur propre pays\u00a0\u00bb. Peut-\u00eatre \u00e0 raison, Abou Iyadh, chef des salafistes d&#8217;Ansar el-Charia, attendant le retour des combattants pour porter le jihad dans le pays. Aujourd&#8217;hui, une d\u00e9l\u00e9gation tunisienne se trouve \u00e0 Damas pour tenter d&#8217;obtenir de Bachar qu&#8217;il \u00e9tende aux Tunisiens l&#8217;amnistie qu&#8217;il a propos\u00e9e aux rebelles faits prisonniers. Re\u00e7ue par le pr\u00e9sident syrien, cette d\u00e9l\u00e9gation se compose de repr\u00e9sentants de plusieurs partis, dont Al-Joumhouri, Nida Tounes, Al-Thawabet (nationalistes arabes), les Unionistes libres, le Mouvement du peuple, et d&#8217;une kyrielle d&#8217;associations pro-Bachar, ainsi que de militants de la soci\u00e9t\u00e9 civile comme Dalila Mbarek du mouvement Doustourna. Frida Dahmani.<\/p>\n<p>  \tMAROC <\/p>\n<p> \tAntichiisme<\/p>\n<p> \tL&#8217;euphorie r\u00e9volutionnaire qui avait saisi l&#8217;ensemble du monde arabe inclinait \u00e0 prendre la d\u00e9fense des peuples contre les dictatures. Au Maroc aussi, il semblait naturel de d\u00e9fendre les civils contre le r\u00e9gime. Dans les cort\u00e8ges du Mouvement du 20-F\u00e9vrier, la solidarit\u00e9 \u00e9tait de mise. Faux nez du mouvement de contestation local, la cause syrienne b\u00e9n\u00e9ficiait de la m\u00eame \u00ab\u00a0compr\u00e9hension\u00a0\u00bb de la part de la police. Parfois tol\u00e9r\u00e9s, les sit-in pouvaient \u00eatre dispers\u00e9s sans m\u00e9nagement.<\/p>\n<p> \tEn accueillant \u00e0 Marrakech en d\u00e9cembre\u00a02012 la 4e\u00a0conf\u00e9rence du groupe des Amis de la Syrie, le royaume, qui si\u00e8ge actuellement au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 en tant que membre non permanent, prenait clairement position en faveur de l&#8217;opposition syrienne. Faire endosser par le royaume les positions des puissances occidentales &#8211;\u00a0l&#8217;axe Washington-Londres-Berlin\u00a0&#8211; est bien commode. En 2011, le premier projet de condamnation pr\u00e9sent\u00e9 par Washington n&#8217;avait pas \u00e9t\u00e9 soutenu par le Liban, qui si\u00e9geait alors au Conseil.<\/p>\n<p> \tAtlantiste par choix et membre revendiqu\u00e9 du club des monarchies antir\u00e9volutionnaires, le Maroc officiel ne s&#8217;est jamais embarrass\u00e9 de \u00ab\u00a0solidarit\u00e9 panarabe\u00a0\u00bb, ni de \u00ab\u00a0front du refus\u00a0\u00bb. Bien s\u00fbr, le ministre islamiste des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Saadeddine El\u00a0Othmani, n&#8217;a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 mouiller le costume, s&#8217;attirant les critiques acerbes de l&#8217;ambassadeur syrien \u00e0 l&#8217;ONU. Parmi les islamistes marocains, l&#8217;hostilit\u00e9 au r\u00e9gime de Bachar se nourrit depuis peu de la m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis du Hezbollah et de l&#8217;Iran. L&#8217;id\u00e9ologue en chef du Mouvement Unicit\u00e9 et R\u00e9forme, Ahmed Ra\u00efssouni, exprime ce schisme en termes clairs : \u00ab\u00a0La position de l&#8217;Iran et du Hezbollah &#8211;\u00a0qui fait partie du syst\u00e8me iranien\u00a0&#8211; les isole de plus en plus et donne des arguments \u00e0 leurs adversaires : m\u00eame s&#8217;ils refaisaient leurs calculs et changeaient de politique, je crois qu&#8217;il leur faudrait plusieurs g\u00e9n\u00e9rations pour retrouver cr\u00e9dibilit\u00e9 et prestige.\u00a0\u00bb Mais au-del\u00e0 du contentieux opposant sunnites et chiites, la confessionnalisation du conflit inqui\u00e8te aussi bien les islamistes que les lib\u00e9raux.<\/p>\n<p> \tLa Syrie, une cause consensuelle ? Pas autant que la Palestine ou l&#8217;Irak, deux sujets qui ont longtemps r\u00e9uni sous la m\u00eame banni\u00e8re militants d&#8217;extr\u00eame gauche, islamistes et nostalgiques du nationalisme arabe. Certes, peu de voix s&#8217;\u00e9l\u00e8vent pour soutenir sans r\u00e9serve le pouvoir syrien, rest\u00e9, malgr\u00e9 sa rh\u00e9torique de la r\u00e9sistance (\u00e0 Isra\u00ebl), un mauvais \u00e9l\u00e8ve du Moyen-Orient. Au Maroc, il est vrai, le baasisme a eu moins d&#8217;influence que dans d&#8217;autres pays arabes. M\u00eame l&#8217;avocat Khalid Sefiani, un ancien socialiste devenu n\u00e9obaasiste, ne d\u00e9fend pas l&#8217;option \u00e9radicatrice du r\u00e9gime syrien. Cet homme de r\u00e9seaux, chef d&#8217;orchestre des grandes mobilisations pour la Palestine des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, se fait discret. Son Groupe d&#8217;action national de soutien \u00e0 l&#8217;Irak et \u00e0 la Palestine s&#8217;est r\u00e9cemment mu\u00e9 en Observatoire marocain de lutte contre la normalisation avec Isra\u00ebl. Tout un programme. Youssef A\u00eft Akdim.<\/p>\n<p>  \tALG\u00c9RIE  <\/p>\n<p> \tTerre d&#8217;asile<\/p>\n<p> \tFuyant par vagues successives la guerre civile, des milliers de Syriens ont trouv\u00e9 refuge en Alg\u00e9rie d\u00e8s le d\u00e9but de l&#8217;\u00e9t\u00e9 2012. L&#8217;opposition syrienne et la presse avaient alors avanc\u00e9 le chiffre de 25 000\u00a0personnes, avant que le minist\u00e8re alg\u00e9rien de l&#8217;Int\u00e9rieur n&#8217;indique officiellement en juillet de la m\u00eame ann\u00e9e que le nombre de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9tait de 12 000.<\/p>\n<p> \tInstall\u00e9es provisoirement square Port-Sa\u00efd et place des Martyrs, dans le centre d&#8217;Alger, ainsi qu&#8217;\u00e0 Bab Ezzouar, \u00e0 l&#8217;est de la capitale, des centaines de familles ont \u00e9t\u00e9 ensuite \u00e9vacu\u00e9es par les pouvoirs publics vers un centre d&#8217;accueil am\u00e9nag\u00e9 \u00e0 leur intention \u00e0 Sidi Fredj, \u00e0 25\u00a0km \u00e0 l&#8217;ouest d&#8217;Alger. Les enfants en \u00e2ge d&#8217;\u00eatre scolaris\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 admis dans les \u00e9tablissements de la r\u00e9gion, tandis que d&#8217;autres structures similaires \u00e9taient ouvertes dans plusieurs autres wilayas du pays.<\/p>\n<p> \tSans doute marqu\u00e9s par les ann\u00e9es de guerre et de terreur qu&#8217;ils ont v\u00e9cues au cours de la d\u00e9cennie 1990, des Alg\u00e9riens ont lanc\u00e9 des op\u00e9rations de solidarit\u00e9 en faveur des exil\u00e9s, leur distribuant v\u00eatements, nourriture, argent, leur offrant m\u00eame parfois le g\u00eete. Cet \u00e9lan de sympathie s&#8217;explique d&#8217;abord par la position des autorit\u00e9s alg\u00e9riennes, qui soutiennent r\u00e9solument le pr\u00e9sident Bachar al-Assad, dont le p\u00e8re, Hafez, fut un fid\u00e8le alli\u00e9 du pr\u00e9sident Boum\u00e9di\u00e8ne puis de son successeur, Chadli Bendjedid. Depuis le d\u00e9but de la r\u00e9volution syrienne, Alger est l&#8217;une des rares capitales du monde arabe \u00e0 ne pas appeler au d\u00e9part ou au renversement de Bachar. En retour, ce dernier n&#8217;a pas manqu\u00e9 d&#8217;envoyer, en mai, un message officiel au pr\u00e9sident Abdelaziz Bouteflika, hospitalis\u00e9 \u00e0 Paris, pour lui souhaiter un prompt r\u00e9tablissement.<\/p>\n<p> \tL&#8217;afflux de r\u00e9fugi\u00e9s est \u00e9galement facilit\u00e9 par un accord alg\u00e9ro-syrien permettant la circulation entre les deux pays sans visa et par le maintien des liaisons a\u00e9riennes Alger-Damas assur\u00e9es par Air Alg\u00e9rie en d\u00e9pit de la guerre. Pour tenter de freiner cet exode, les autorit\u00e9s syriennes ont r\u00e9duit de trois \u00e0 un les vols hebdomadaires de la compagnie alg\u00e9rienne. En outre, les Syriens qui souhaitent rallier l&#8217;Alg\u00e9rie sont d\u00e9sormais tenus de pr\u00e9senter un certificat d&#8217;h\u00e9bergement, ainsi qu&#8217;un billet retour.<\/p>\n<p> \tEnfin, en leur offrant l&#8217;asile, les Alg\u00e9riens s&#8217;acquittent d&#8217;une sorte de dette historique \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des Syriens. Car c&#8217;est \u00e0 Damas que l&#8217;\u00e9mir Abdelkader, grande figure de la r\u00e9sistance contre l&#8217;occupation fran\u00e7aise, a choisi de s&#8217;installer en 1852 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9 au ch\u00e2teau d&#8217;Amboise. Il y a \u00e9t\u00e9 rejoint par sa famille, sa suite et quelque 12 000\u00a0fid\u00e8les alg\u00e9riens. Personnage charismatique aur\u00e9ol\u00e9 de prestige, l&#8217;\u00e9mir a d\u00fb intervenir avec ses hommes pour \u00e9viter le massacre des chr\u00e9tiens par les sunnites lors des conflits confessionnels qui embras\u00e8rent Damas en juillet\u00a01860. Farid Alilat.<\/p>\n<p>  \tLIBYE <\/p>\n<p> \tCat\u00e9chisme r\u00e9volutionnaire<\/p>\n<p> \tSur Facebook, la page des Martyrs libyens en Syrie compte plus de 26 000\u00a0fans. Les r\u00e9seaux sociaux regorgent de vid\u00e9os de combattants libyens, pour la plupart engag\u00e9s au sein de brigades r\u00e9volutionnaires \u00e0 forte connotation islamiste. L&#8217;arbre qui cache la for\u00eat est Mehdi Harati, ancien chef des r\u00e9volutionnaires de Tripoli, qui a vite \u00e9court\u00e9 sa carri\u00e8re de chef de milice. Apr\u00e8s avoir jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la prise de la capitale libyenne, en ao\u00fbt\u00a02011, il acc\u00e8de au r\u00f4le de vice-commandant militaire de Tripoli. Ses d\u00e9saccords avec son \u00ab\u00a0chef\u00a0\u00bb, Abdelhakim Belhaj, le poussent rapidement \u00e0 changer d&#8217;employeur. Il s&#8217;envole pour la Syrie, o\u00f9 les forces rebelles veulent tirer parti de son exp\u00e9rience. En entrepreneur du jihad, ce binational libyen et irlandais prospecte. Fin 2011, il finit par cr\u00e9er son propre groupe, Liwa&#8217; el-Umma (la \u00ab\u00a0brigade de la Oumma\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p> \tSous ses ordres, quelques milliers d&#8217;hommes, dont une \u00e9crasante majorit\u00e9 de Syriens. Le financement vient d&#8217;abord de riches donateurs du Golfe, dont les tr\u00e8s influents cheikhs kowe\u00eftiens Hajaj Al\u00a0Ajmi et Irshid Al\u00a0Hajri. Aur\u00e9ol\u00e9 du prestige d&#8217;avoir contribu\u00e9 \u00e0 la chute de Kaddafi, Harati semble en mesure de mobiliser des r\u00e9seaux internationaux. Lors des combats f\u00e9roces autour de la ville d&#8217;Idlib, en 2012, Harati est apparu comme un meneur d&#8217;unit\u00e9, capable de monter au front, pr\u00eatant le flanc \u00e0 la critique du pouvoir syrien, lequel a toujours d\u00e9nonc\u00e9 le r\u00f4le des bandes criminelles \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n<p> \tMehdi Harati a d\u00fb, en tout cas, quitter la Syrie, officiellement pour des raisons m\u00e9dicales, en septembre\u00a02012. Dans une interview datant de cette \u00e9poque au journal Acharq al-Awsat, le combattant reconna\u00eet que la guerre syrienne est plus dure que la guerre en Libye, o\u00f9 les rebelles ont rapidement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du soutien a\u00e9rien de l&#8217;Otan. Entre-temps, il apprend que les autorit\u00e9s turques l&#8217;ont plac\u00e9 sur liste noire. Beaucoup d&#8217;encre a coul\u00e9 pour savoir si Harati et ses compagnons d&#8217;armes \u00e9taient de dangereux jihadistes. Revendiquant une pi\u00e9t\u00e9 \u00e0 toute \u00e9preuve, le Libyen n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 suspect\u00e9 de liens avec des terroristes. M\u00eame en Irlande, son deuxi\u00e8me pays, il int\u00e9resse plus les journalistes que les services de police. En Libye, l&#8217;ancien professeur d&#8217;arabe \u00e0 Dublin s&#8217;appr\u00eate \u00e0 convertir sa notori\u00e9t\u00e9 en capital politique. Il vient ainsi d&#8217;annoncer la cr\u00e9ation d&#8217;un parti, apr\u00e8s avoir laiss\u00e9 entendre que le Premier ministre, Ali Zeidan, l&#8217;avait approch\u00e9 pour le poste de ministre de l&#8217;Int\u00e9rieur. M\u00eame les anciens d&#8217;Afghanistan les plus carri\u00e9ristes n&#8217;avaient pas r\u00e9ussi une conversion aussi rapide. Youssef A\u00eft Akdim.<\/p>\n<p>  \t \t\tMauritanie  \t<\/p>\n<p> \t\tRealpolitik<\/p>\n<p> \t\tDans la droite ligne d&#8217;Alger et de Khartoum, derni\u00e8res capitales arabes \u00e0 soutenir Bachar, le pr\u00e9sident mauritanien avait superbement ignor\u00e9 l&#8217;opposition syrienne lors du 24e\u00a0sommet de la Ligue arabe, les 26 et 27\u00a0mars \u00e0 Doha, avant d&#8217;assouplir sa position et de pr\u00f4ner une solution politique au conflit. Fer de lance de la lutte contre Al-Qa\u00efda au Maghreb islamique (Aqmi) dans la r\u00e9gion, le num\u00e9ro un mauritanien ne voit naturellement pas d&#8217;un bon oeil la tournure jihadiste prise par la r\u00e9bellion syrienne. Mais il ne peut s&#8217;offrir le luxe ni de se mettre \u00e0 dos le Qatar, principal soutien des insurg\u00e9s syriens, ni de froisser ses alli\u00e9s occidentaux, r\u00e9solument anti-Bachar. En outre, il doit tenir compte d&#8217;une opinion partag\u00e9e, qui au d\u00e9part nourrissait de la sympathie pour la r\u00e9bellion syrienne avant de se raviser face \u00e0 ce qu&#8217;elle consid\u00e8re de plus en plus comme une fitna (\u00ab\u00a0guerre fratricide entre musulmans\u00a0\u00bb) dont elle redoute qu&#8217;elle ne s&#8217;\u00e9tende \u00e0 leur pays. Surtout depuis la mort, fin mai, de quatre Mauritaniens partis faire le jihad en Syrie. M\u00eame les islamistes locaux se font discrets, de peur qu&#8217;on ne leur oppose un jour l&#8217;\u00e9chec des gouvernements islamistes n\u00e9s du Printemps arabe. \u00ab\u00a0Une majorit\u00e9 non politis\u00e9e est neutre, analyse un journaliste mauritanien, tandis qu&#8217;une partie de l&#8217;opposition appuie les rebelles en r\u00e9action au soutien des partis la\u00efques \u00e0 Bachar et \u00e0 la neutralit\u00e9 de circonstance d&#8217;Ould Abdelaziz. \u00bb Michael Pauron.<\/p>\n<p>   \t \tLire l&#8217;article sur Jeuneafrique.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Face \u00e0 l&#8217;horreur et \u00e0 l&#8217;extr\u00eame complexit\u00e9 d&#8217;une interminable guerre civile, l&#8217;opinion, de Tunis \u00e0 Nouakchott, semble totalement d\u00e9boussol\u00e9e. Enqu\u00eate sur un cruel dilemme. De l&#8217;Orient \u00e0 l&#8217;Occident, le cauchemar syrien, monstrueux avatar d&#8217;un r\u00eave de libert\u00e9, d\u00e9chire les consciences et d\u00e9cha\u00eene les passions. La fragile unanimit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s arabes, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par la magie des &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[20],"tags":[],"class_list":["post-3309","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-francais-francais"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.azzaman.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3309","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.azzaman.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.azzaman.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.azzaman.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.azzaman.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3309"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.azzaman.info\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3309\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.azzaman.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3309"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.azzaman.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3309"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.azzaman.info\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3309"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}