Du pluralisme à l’approfondissement des institutions : lecture du parcours constitutionnel et appel à un dialogue national inclusif

Aziz k

Azzaman.info (Nouakchott) :
L’ancien officier Didi Ould Emhammed a retracé l’évolution du parcours politique et constitutionnel en Mauritanie depuis le début des années 1990, estimant que la transition vers le pluralisme s’est inscrite dans un contexte international marqué notamment par le discours du président français François Mitterrand en 1990, qui avait conditionné l’aide française au respect de la démocratie. Selon lui, cette orientation a représenté un passage d’une tutelle directe à un encadrement conditionnel.
Il explique que la Mauritanie est entrée dans une nouvelle phase constitutionnelle sous l’effet de la fin de la guerre froide, des répercussions de la première guerre du Golfe et de la dynamique de La Baule, alors même que les fondements internes – éducatifs, économiques et sociaux – n’étaient pas encore suffisamment consolidés pour accompagner pleinement cette transition. La Constitution de 1991 s’est ainsi inspirée du modèle semi-présidentiel de la Ve République française, conférant au Président de larges prérogatives dans un souci de stabilité.
Malgré les acquis de cette période, l’auteur relève certaines limites, notamment la persistance des logiques tribales dans l’action politique, les hésitations du système éducatif entre arabisation et francisation, ainsi que la focalisation des élites sur les rivalités électorales au détriment de la construction institutionnelle. Il rappelle que les tensions du début des années 2000 ont conduit à la transition ouverte en 2005, suivie de révisions constitutionnelles, en particulier en 2012 et 2017, traduisant la dynamique du texte fondamental et la recherche d’un équilibre plus précis entre stabilité et ouverture démocratique.
Dans ce contexte, Didi Ould Emhammed considère que l’appel à un dialogue national inclusif constitue une étape positive et nécessaire face aux défis actuels. Il plaide pour un dialogue sérieux et responsable, susceptible d’aboutir à un consensus solide et, le cas échéant, à des ajustements constitutionnels servant l’intérêt national supérieur et la stabilité de l’État.
Il souligne également que cette démarche intervient à un moment charnière, alors que le pays s’apprête à entrer dans une phase économique prometteuse portée par les projets gaziers et aurifères, ce qui requiert un climat politique apaisé garantissant une gestion optimale des ressources au service du développement global.
En conclusion, l’auteur affirme que la stabilité ne peut être l’œuvre d’un seul acteur, mais résulte d’une volonté collective fondée sur le partenariat national et des règles communes. Il estime que le dialogue demeure le cadre privilégié pour renouveler le pacte national et consolider le processus démocratique, tout en formulant des vœux de concorde et d’unité à l’occasion du mois de Ramadan.

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